Heures supplémentaires pour temps partiel : règles 2026
Heures supplémentaires pour temps partiel : majorations, plafonds, exonération fiscale de 7 500 €. Tout ce que l'employeur et le salarié doivent savoir en 2026.

Les heures supplémentaires pour temps partiel : derrière cette expression courante se cache en réalité un régime juridique distinct. Un salarié à temps partiel accomplit des heures complémentaires, pas des heures supplémentaires au sens du Code du travail. La distinction n'est pas qu'une question de vocabulaire : elle change tout en matière de paie et de droits. Deux régimes peuvent toutefois se croiser dans certains cas : notamment dans la fonction publique, ou quand la durée de 35 heures est franchie. Tour d'horizon des règles applicables en 2026, taux de majoration et plafonds à ne pas dépasser.
Heures supplémentaires ou heures complémentaires : quelle différence pour le temps partiel ?
Posons d'abord le cadre : un salarié à temps partiel ne fait pas, en principe, d'heures supplémentaires. Ce régime-là concerne uniquement les salariés à temps plein qui dépassent 35 heures par semaine : ou la durée équivalente prévue par convention collective.
Dès qu'un salarié à temps partiel travaille au-delà de ce que prévoit son contrat, on parle d'heures complémentaires. Deux notions distinctes, deux régimes de majoration différents, deux plafonds sans rapport l'un avec l'autre.
Le glissement de langage est courant : beaucoup d'employeurs (et de salariés) utilisent « heures supplémentaires » pour tout dépassement horaire. Dans le secteur privé, c'est une erreur juridique. Seul le régime des heures complémentaires s'applique pour un temps partiel.
Mais attention : la fonction publique fait exception. Un agent à temps partiel peut y effectuer des heures supplémentaires, soumises à des règles spécifiques détaillées plus bas.
Heures complémentaires temps partiel : plafond maximum et conditions
Deux limites encadrent strictement le volume d'heures complémentaires :
- 10 % de la durée contractuelle : plafond légal de droit commun. Pour un contrat à 28 heures par semaine, le maximum est de 2,8 heures complémentaires hebdomadaires.
- 1/3 de la durée contractuelle : plafond accessible uniquement si un accord de branche ou d'entreprise le prévoit expressément. Sur un contrat à 28 heures, cela monte à environ 9,3 heures complémentaires par semaine.
Une règle absolue coiffe ces deux limites : les heures complémentaires ne peuvent jamais porter la durée réelle de travail au niveau de 35 heures par semaine (ou de la durée conventionnelle si elle est inférieure). Si ce seuil est atteint ou dépassé de manière répétée, le contrat devra être requalifié à temps plein.
Autre point à retenir : l'employeur ne peut pas imposer unilatéralement des heures complémentaires hors des limites contractuelles. Un refus du salarié dans ce cadre ne constitue pas une faute. Pour aller plus loin sur ce régime, consultez le guide sur les heures complémentaires temps partiel.
L'essentiel
- Un salarié à temps partiel effectue des heures complémentaires, et non des heures supplémentaires : les deux régimes ont des règles de majoration et des plafonds distincts.
- Les heures complémentaires sont majorées à 10 % dans la limite du dixième de la durée contractuelle, puis à 25 % au-delà si un accord collectif le permet.
- Le plafond légal d'heures complémentaires est de 10 % de la durée contractuelle, extensible jusqu'au tiers uniquement par accord de branche ou d'entreprise.
- Les heures complémentaires sont exonérées d'impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 € par an (source : service-public.fr).
- Dans la fonction publique, les agents à temps partiel peuvent effectuer des heures supplémentaires, mais sans bénéficier des majorations applicables aux agents à temps plein.
Taux de majoration des heures complémentaires temps partiel
Le taux de majoration varie selon le volume d'heures dépassé :
- 10 % pour les heures complémentaires accomplies dans la limite du dixième de la durée contractuelle.
- 25 % pour celles effectuées au-delà de ce dixième, jusqu'au tiers : à condition qu'un accord collectif l'autorise.
Ces taux sont d'ordre public. Aucun accord ne peut les abaisser. Ils s'appliquent sur le taux horaire de base du salarié.
Exemple concret : contrat à 24 heures par semaine, taux horaire 13 €, 3 heures complémentaires effectuées. Les 2,4 premières heures (10 % de 24 h) sont majorées à 10 %, soit 14,30 €/heure. Les 0,6 heures restantes passent à 25 %, soit 16,25 €/heure.
Ces majorations apparaissent sur le bulletin de paie et entrent dans le calcul des congés payés comme des droits à la retraite.
Ces majorations s'appliquent également dans des contextes plus larges de gestion du temps de travail, notamment lorsque l'employeur doit gérer des absences imprévues ; mieux comprendre l'impact d'un arrêt maladie sur le salaire aide à anticiper les ajustements horaires qui en découlent.
Simulation calcul heures complémentaires temps partiel : mode d'emploi
Le calcul se déroule en deux étapes.
Étape 1 : Déterminer le seuil des 10 % Multiplier la durée contractuelle hebdomadaire par 10 %. Ce volume est majoré à 10 %.
Étape 2 : Identifier les heures au-delà du seuil Les heures complémentaires effectuées entre ce seuil et la limite du tiers sont majorées à 25 %. Elles ne sont possibles que si un accord collectif l'autorise.
Récapitulatif pour un contrat à 28 heures :
- Durée contractuelle : 28 h/semaine
- Seuil 10 % : 2,8 h majorées à 10 %
- Seuil tiers (si accord) : 9,33 h au total, les heures entre 2,8 h et 9,33 h étant majorées à 25 %
- Limite absolue : ne jamais atteindre 35 h sur la semaine
Le logiciel de paie ou le gestionnaire doit faire apparaître ces deux tranches distinctement sur le bulletin. Si une erreur de calcul est constatée, le salarié dispose d'un délai de 3 ans pour saisir le Conseil de prud'hommes et réclamer un rappel de salaire (délai de prescription des créances salariales).
Dépassement des heures complémentaires : requalification en temps plein
Le sujet mérite d'être pris au sérieux. Un dépassement répété des heures complémentaires contractuellement prévues expose l'employeur à une requalification du contrat à temps partiel en contrat à temps plein. La Cour de cassation a confirmé en janvier 2026 qu'un salarié peut être indemnisé pour des heures accomplies même sans autorisation préalable expresse, dès lors que l'employeur en avait connaissance (source : entreprendre.service-public.gouv.fr, janvier 2026).
Concrètement, la requalification entraîne :
- Rappel de salaire sur les heures non rémunérées à leur juste taux.
- Indemnité de requalification équivalente à au moins un mois de salaire.
- Régularisation des cotisations sociales auprès de l'URSSAF.
- Potentiellement, un contentieux prud'homal coûteux.
La prévention est simple en théorie : ne pas laisser la durée effective dépasser la durée contractuelle de manière habituelle. Toute modification durable de l'organisation du travail doit donner lieu à un avenant signé par les deux parties.
Pour les salariés à temps partiel souhaitant réduire ou suspendre leur activité autrement, il peut être utile de se renseigner sur les congés sans solde, une alternative qui évite les risques de requalification liés aux dépassements horaires répétés.
Temps partiel et heures supplémentaires dans la fonction publique
Dans la fonction publique, les règles s'écartent du droit commun. Un agent à temps partiel peut effectuer des heures supplémentaires, compensées par des indemnités horaires pour travaux supplémentaires (IHTS).
Le volume maximum se calcule ainsi : 25 multiplié par la quotité de travail de l'agent. Pour un agent à 80 %, c'est un plafond de 20 heures supplémentaires par mois.
Mais voilà le point qui surprend souvent : ces agents à temps partiel ne bénéficient pas des majorations applicables à leurs collègues à temps plein. L'heure supplémentaire est indemnisée au taux de base, sans bonification (source : service-public.fr, fiches F32787 et F486).
Pour la journée de solidarité, la limite de 7 heures est elle aussi réduite proportionnellement à la quotité. Un agent à 80 % ne doit que 5,6 heures au titre de cette journée (source : service-public.fr).
Exonération fiscale des heures complémentaires et supplémentaires en 2026
Bonne nouvelle pour les salariés : les heures complémentaires sont exonérées d'impôt sur le revenu. Cette exonération s'applique aussi aux heures supplémentaires des salariés à temps plein.
Le plafond est fixé à 7 500 € par an par salarié (source : service-public.fr, fiche F2617). Tout ce qui est perçu en deçà de ce seuil échappe à l'impôt sur le revenu.
Deux précisions importantes. D'abord, l'exonération ne vise que les heures effectivement rémunérées : les heures compensées uniquement en repos n'en bénéficient pas. Ensuite, côté cotisations sociales, rien ne change : les charges URSSAF restent dues normalement sur ces heures.
L'employeur doit faire apparaître clairement ces montants sur la fiche de paie. En cas de contrôle fiscal, le salarié doit pouvoir justifier de l'exonération sans difficulté.
Pour aller plus loin sur le régime de paie des heures dépassant le contrat, le guide complet sur l'heure supplémentaire temps partiel détaille les obligations de l'employeur.
Ce que l'employeur doit vérifier avant de demander des heures complémentaires
Avant de demander des heures complémentaires, l'employeur a intérêt à cocher plusieurs points :
- Relire le contrat de travail : durée prévue, clauses relatives aux heures complémentaires, modalités de prévenance.
- Respecter le délai de prévenance : sauf accord collectif contraire, le salarié doit être informé 3 jours ouvrés à l'avance. En deçà, il peut refuser sans que ce refus constitue une faute.
- Vérifier le plafond applicable : 10 % légal, ou 1/3 si un accord de branche ou d'entreprise l'autorise.
- S'assurer que la durée totale ne dépasse pas 35 heures sur la semaine.
- Appliquer les bons taux sur le bulletin (10 % puis 25 %).
En cas d'incertitude sur les règles conventionnelles de votre secteur, la convention collective nationale fait foi : et certaines branches prévoient des dispositions plus favorables que le droit commun, notamment des taux de majoration supérieurs à 25 %. Un expert-comptable ou un conseiller juridique peut utilement aider à sécuriser les pratiques.
Sources
- service-public.fr
- service-public.fr
- service-public.fr
- service-public.fr
- entreprendre.service-public.gouv.fr
- service-public.fr
Fiche pratique
| Statuts concernés | Salariés à temps partiel (secteur privé) ; agents à temps partiel (fonction publique) |
| Plafond légal (secteur privé) | 10 % de la durée contractuelle hebdomadaire (extensible au 1/3 par accord collectif) |
| Taux de majoration | 10 % jusqu'au seuil de 10 % ; 25 % au-delà jusqu'au tiers (si accord) |
| Limite absolue | Ne jamais atteindre ni dépasser 35 h hebdomadaires au total |
| Exonération fiscale | 7 500 € par an sur les heures complémentaires et supplémentaires (IR) |
| Cotisations URSSAF | Dues normalement sur toutes les heures complémentaires |
| Délai de prévenance | 3 jours ouvrés minimum avant d'imposer des heures complémentaires |
| Prescription salariale | 3 ans pour réclamer un rappel de salaire (Conseil de prud'hommes) |
| Fonction publique (plafond IHTS) | 25 × quotité de travail = nombre max d'heures/mois (ex. : 20 h/mois pour un agent à 80 %) |
| Organisme de référence | URSSAF (urssaf.fr), service-public.fr, Conseil de prud'hommes |
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil comptable, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un expert-comptable ou un avocat pour toute décision engageant votre entreprise.
FAQ pratique
Un salarié à temps partiel peut-il faire des heures supplémentaires ?
Non, pas au sens strict du Code du travail. Un salarié à temps partiel effectue des heures complémentaires, non des heures supplémentaires : lesquelles sont réservées aux salariés dépassant 35 heures par semaine. Une exception existe dans la fonction publique : les agents à temps partiel peuvent effectuer des heures supplémentaires rémunérées via les IHTS, mais sans bénéficier des majorations applicables aux agents à temps plein.
Comment calculer les heures complémentaires pour un salarié à temps partiel ?
Le calcul se fait en deux tranches. Les heures accomplies dans la limite de 10 % de la durée contractuelle sont majorées à 10 %. Celles effectuées au-delà de ce seuil, jusqu'au tiers de la durée contractuelle (à condition qu'un accord collectif le prévoie), sont majorées à 25 %. Ces taux s'appliquent sur le taux horaire de base. Et dans tous les cas, la durée totale ne peut jamais atteindre 35 heures hebdomadaires.
Quelle est la majoration pour les heures complémentaires d'un salarié à temps partiel ?
10 % pour les heures complémentaires accomplies dans la limite du dixième de la durée contractuelle. 25 % pour celles effectuées entre le dixième et le tiers de cette durée, uniquement si un accord de branche ou d'entreprise l'autorise. Ces taux sont d'ordre public : aucun accord ne peut les réduire.
Les heures complémentaires sont-elles exonérées d'impôt sur le revenu ?
Oui. Les heures complémentaires d'un salarié à temps partiel sont exonérées d'impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 € par an (source : service-public.fr). L'exonération s'applique aux heures effectivement rémunérées. Les cotisations sociales URSSAF, elles, restent dues normalement.
Quel est le nombre maximum d'heures complémentaires pour un contrat à temps partiel de 28 heures ?
Pour un contrat à 28 heures par semaine, le plafond légal est de 2,8 heures complémentaires hebdomadaires (10 % de 28 h). Si un accord collectif le prévoit, ce plafond peut monter jusqu'au tiers de la durée contractuelle, soit environ 9,3 heures : sous réserve de ne jamais atteindre 35 heures sur la semaine.
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